Texte de Christiane Laforge

Lu à la présentation de France Proulx

au Gala de l’Ordre du Bleuet, le 3 juin 2017



En lassant ses premiers chaussons de satin, une petite ballerine de 4 ans ignorait que le Chat botté allait lui donner les clés, non d’un château, mais d’une école de danse qui transformerait la destinée de plusieurs enfants du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Sa passion pour la danse et l’enseignement ont contribué à la naissance d’artistes de réputation internationale. En effet, en répondant à l’invitation de deux amies, Germaine Tremblay et Marie-Claire Bouchard, France Proulx a contribué à la création du Prisme culturel. Son engagement sans limite au poste de directrice artistique et pédagogique a donné à des milliers d’enfants le privilège d’une formation artistique en danse de grande qualité malgré l’éloignement des grands centres.


Son histoire prend sa source au sein d’une famille ouvrière. Le 3 août 1950 à Jonquière, elle est la première-née d’une fratrie de 13 enfants, dont 9 filles et 4 garçons. Son père, ouvrier à l’Alcan, aime le chant et la musique. Son grand-père, un « violoneux » et son père, guitariste faisaient danser la compagnie lors des fêtes familiales. Amour que partage sa mère qui incite sa fille de 4 ans à suivre des cours de danse dans une école où on pratique aussi le chant, la musique et la diction. Le temps de ressentir tout le plaisir de la scène, avant une interruption des quelques années du primaire, pour mieux renouer avec la danse à 11 ans, à l’école de ballet fondée par Simone Murray-Boivin. Figure importante parmi les pionnières de la danse en région, celle-ci aura une grande influence sur sa jeune élève. Alors que France partage son expérience en donnant des cours à ses frères et sœurs et enfants du quartier, dans le sous-sol de sa voisine et amie Lisette, Mme Murray-Boivin la recrute pour enseigner dans son école. Elle a 18 ans. Elle enseigne la danse à Chicoutimi, Jonquière, Bagotville et Dolbeau.


Une opportunité qui favorise des rencontres importantes, notamment avec Ludmilla Chiriaeff et Andrée Millaire, laquelle évaluera chaque année les élèves qualifiées méritant des bourses pour suivre des stages d’été à l’Académie des Grands Ballets canadiens. Aline Legris, Virginia Curke, Jacqueline Lemieux Lopez, Fernand Nault, s’y trouvent aussi. France intègre avec ferveur leur propre passion pour la danse.


Convaincue d’être née pour enseigner, France Proulx entreprend un baccalauréat en pédagogie à l’université du Québec à Chicoutimi. Elle parfait sa formation en enseignement de la danse à l’École supérieure de danse du Québec et à l’Association britannique des professeurs de danse.


En 1971, elle est séduite par le rêve de Marie-Claire Bouchard et Germaine Tremblay. Celles-ci ont conçu un projet d’intégration des arts en milieu scolaire à Saint-Bruno et souhaitent lui confier la direction artistique des chorégraphies de la pièce Le chat botté, production théâtre où elles envisagent inclure un volet danse. Une tentative réussie pour susciter l’intérêt de cette discipline tant chez les jeunes que chez leurs parents. Prémices d’une intention avouée de rendre accessible une formation en ballet, toutes trois convaincues que les arts contribuent aux développements des élèves. L’école de danse qui en découle l’année suivante à Saint-Bruno deviendra une corporation sans but lucratif en 1979.


Le rayonnement du Prisme culturel s’étend sur toute la région. Mais la directrice artistique veut plus. Elle souhaite que les jeunes puissent poursuivre leur formation dans leur milieu le plus longtemps possible. Le programme sports-arts-études instauré en 1992 pour les élèves du secondaire à la Polyvalente Arvida et, en 2004, aussi pour les 5e et 6e du primaire, représente l’alternative idéale au départ précoce, surtout que les évaluations annuelles se font par l’École supérieure de danse du Québec. En 2005, l’option Danses-Études, au Pavillon Wilbrod-Dufour permet de décentraliser l’enseignement de la danse au Lac-Saint-Jean. En 2007, un programme de concentration-danse à Jonquière, vient compléter la formation des élèves inscrits en danses urbaines.


Fidèle au poste depuis le début, le dévouement de France Proulx est souligné en 2004 par l’Assemblée nationale du Québec qui lui remet une médaille. Germaine Tremblay, cofondatrice du Prisme culturel écrit : « Aujourd'hui comme hier, elle ne compte pas son engagement. Ses semaines de soixante, quatre-vingts ou cent-vingt heures ne se comptent plus; car, graduellement, au cours des années la mission du Prisme culturel s'est étendue à la région du Lac-Saint-Jean et, par la suite, au Saguenay. Plus encore, tous les étés, France accompagne elle-même ses élèves et ses professeurs aux stages de perfectionnement de l'École supérieure à Montréal. »


Loin de se limiter à la formation, Le Prisme est aussi un lieu où sont produits des spectacles d’envergure, dont le fabuleux ballet Casse-Noisette présenté chaque année depuis 1998. Sur scène, 120 danseurs, professionnels et aspirants, sont accompagnés par un orchestre pouvant réunir jusqu’à 30 musiciens. S’ajoutent la création d’une compagnie de danse, un camp d’été, des ateliers, des activités pédagogiques. Le Prisme culturel s’impose par son dynamisme et la qualité de son enseignement par le succès de ses élèves. Plusieurs poursuivent leur formation professionnelle dans les écoles les plus prestigieuses de Montréal, Toronto et Winnipeg. Parmi les fleurons du Prisme culturel, impossible de taire le nom de Guillaume Côté reconnu comme l’un des plus grands danseurs au monde ou encore de Claude Gagnon qui a fait sa marque au théâtre de Florence.


Toute la vie de France Proulx se conjugue en musique et en danse. La directrice artistique a été membre du conseil d’administration du Conseil régional de la culture, aujourd’hui Culture Saguenay–Lac-Saint-Jean, présidente du comité d’implantation de la danse professionnelle en région, secrétaire et membre fondateur du regroupement des écoles de danse (RED). Faut-il s’étonner d’apprendre que l’homme de sa vie, Clément Bouchard, agriculteur, suivait des cours de jazz et de ballet avec elle? Il enseigne depuis longtemps au Prisme et campe le rôle de Drosselmeyer depuis 18 ans dans Casse-Noisette. Faut-il se surprendre que leurs trois fils, Patrice, Pierre-Luc et Jean-Daniel sont danseurs et musiciens, tous mis à contribution pour le Prisme culturel dans leur jeunesse? Patrice, membre du groupe rock Les Trimpes, enseigne la musique, Pier-Luc travaille pour le Centre de réadaptation en déficience intellectuelle et Jean-Daniel, diplômé en Gestion et technologie d'entreprises agricoles (GTEA) du Collège d'Alma, a fait carrière au Ballet Kelowna en Colombie-Britannique, au Ballet Joërgen à Toronto et à Cas public à Montréal. Il est revenu au Prisme comme enseignant et directeur de la troupe Ballet Synergie.


Les pas de danse du Prisme culturel doivent beaucoup aux innombrables pas de France Proulx. Lorsque retombent les bravos sur les dernières notes d’une production du Prisme culturel et les dernières voltiges des élèves, derrière les rideaux, se cachent avec modestie 46 ans de dévouement… une histoire jamais racontée. Celle d’une très jeune femme, au volant d’une voiture empruntée, roulant sur les routes sinueuses d’une région en train de se construire, squattant un peu d’espace chez des amis pour y dormir afin de pouvoir, dès le matin, initier à la danse des enfants disséminés autour du Lac-Saint-Jean.


« C’est l’implication de toute une société qui crée un artiste », a-t-elle déclaré en entrevue. Certes, mais c’est l’exceptionnel dévouement d’une artiste enseignante qui inspire toute une société.



Le 3 juin 2017


FRANCE PROULX


Cofondatrice et directrice artistique du Prisme culturel

Pour son exceptionnelle contribution

à l’enseignement de la danse


fut reçue Membre de l’Ordre du Bleuet


mercredi 7 juin 2017

FRANCE PROULX, MEMBRE DE L'ORDRE DU BLEUET TÉMOIGNE DE SA FIERTÉ

 France Proulx reçoit son certificat d'honneur des mains de Réjean Perron, 
membre du conseil d'administration de la Société de l'Ordre du Bleuet.
© Ordre du Bleuet – Andrée-Anne Lachaine photographie












Saint-Bruno, le 06 juin 2017


Monsieur Michel Bonneau,
président 
de la Société de l’Ordre du Bleuet



Monsieur,

Je tiens d’abord à vous remercier et féliciter toute votre équipe pour le magnifique gala du 3 juin dernier. Déjà, lors de la conférence de presse, j’avais remarqué le professionnalisme de tous les membres de votre équipe, je ne fus pas donc pas surprise de constater la réussite de ce gala, une organisation impeccable dans les moindres détails.
Sous la plume de Madame Christiane Laforge, une partie de ma vie danse maintenant avec élégance sur le rythme d’un texte soutenu par un diaporama mettant en lumière mon engagement au développement de la danse dans la région. Un bel hommage, une reconnaissance qui me touche profondément.
C’est avec grande fierté que je reçois l’honneur d’être membre de l’Ordre du Bleuet, un bonheur que je partage avec tous ceux et celles qui ont collaboré à démocratiser la danse et à faire du Prisme culturel cette école d’excellence accessible aux jeunes de notre milieu…
Un peuple vit et survit par sa culture, la raison d’être de votre organisation prend toute son importance puisqu’elle inscrit dans la mémoire collective les réalisations des créateurs, des artistes et de tous ceux qui contribuent à notre identité culturelle, nous vous en sommes très reconnaissants.



France Proulx 
directrice artistique et pédagogique







vendredi 12 mai 2017

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POURQUOI L'ORDRE DU BLEUET

L'intensité et la qualité de la vie culturelle et artistique au Saguenay-Lac-Saint-Jean est reconnue bien au-delà de nos frontières. Nos artistes, par leur talent, sont devenus les ambassadeurs d'une terre féconde où cohabitent avec succès toutes les disciplines artistiques. Cet extraordinaire héritage nous le devons à de nombreuses personnes qui ont contribué à l'éclosion, à la formation et au rayonnement de nos artistes et créateurs. La Société de l'Ordre du Bleuet a été fondée pour leurs rendre hommage.La grandeur d'une société se mesure par la diversité et la qualité de ses institutions culturelles. Mais et surtout par sa volonté à reconnaître l'excellence du parcours de ceux et celles qui en sont issus.